Condamné pour corruption...Après la sanction, la promotion

14/11/2009 15:16 par nabile

  • Condamné pour corruption...Après la sanction, la promotion

    Condamné pour corruption...Après la sanction, la promotion

    14/11/2009 15:16 par nabile

Un ancien cadre du secteur des postes et télécommunications, condamné par le tribunal militaire de Blida à six mois de prison avec sursis pour corruption, a été propulsé au poste de directeur territorial des télécommunications d’Algérie Télécom dans une importante wilaya du centre du pays. En sus, la commission paritaire de la direction régionale des postes et télécommunications avait prononcé à l’encontre du concerné une sanction disciplinaire portant sur sa “rétrogradation”. Tout cela ne semble pas avoir gêné le personnage qui a, contre toute attente, gravi les échelons de manière rocambolesque. Les employés de l’entreprise nationale se demandent quelle “puissance” a bien pu booster le concerné pour pouvoir bénéficier d’une telle promotion.

haraga

14/11/2009 14:47 par nabile

  • haraga

    haraga

    14/11/2009 14:47 par nabile

Délimitation des régions de haute montagne : Vers la valorisation du massif du Djurdjura

14/11/2009 14:38 par nabile

  • Délimitation des régions de haute montagne : Vers la valorisation du massif du Djurdjura

    Délimitation des régions de haute montagne : Vers la valorisation du massif du Djurdjura

    14/11/2009 14:38 par nabile

La zone montagneuse du Djurdjura renferme en son sein deux millions d’habitants, dont 80% de cette population est agglomérée sous forme de villages. La région montagneuse de la Kabylie sera valorisée à la faveur de la loi relative à la protection des zones de montagnes dans le cadre du développement durable. C’est dans ce sens que l’assemblée populaire de la wilaya de Tizi Ouzou a organisé, récemment, un atelier technique pour débattre des possibilités de la mise en œuvre de ce projet conformément à ce que stipulent les textes élaborés par le ministère de l’aménagement du territoire, de l’environnement et du tourisme. « Notre étude consiste essentiellement en la délimitation, dans un premier temps, du massif montagneux du Djurdjura qui regroupe quatre wilayas Tizi Ouzou, Bouira, Boumerdès et Bejaia. Puis, nous essayerons de caractériser chaque région afin d’aboutir à la création des fonds. Autrement dit, il s’agit de délimiter les régions susceptibles d’être érigées au statut de zones de montagnes du massif de Djurdjura. Puis, il faudra passer à d’élaboration d’un avant-projet de qualification et de classement de ces zones de montagnes en massif », nous dira M. Mohand Akli Aoudj, président de la commission de l’aménagement du territoire à l’APW de Tizi Ouzou qui nous a également expliqué que la zone montagneuse du Djurdjura renferme en son sein deux millions d’habitants, dont 80% de cette population est agglomérée sous forme de villages. Notre interlocuteur estime également que l’objectif de l’étude en question est de classer le massif du Djurdjura comme zone à promouvoir. « Dans ces régions, il y a un déficit énorme en matière d’infrastructures de base. Il y a un manque en centres de santé, de foyers de jeunes et centres culturels, entre autres. Aussi, dans ces localités, les routes sont plus un réseau de désenclavement qu’autre chose. Il y a le chômage en progression, également. Les bases de production traditionnelles sont en voie de disparition. C’est pour cela qu’il faut développer ces régions pour permettre à ces populations accrochées aux montagnes de bénéficier des projets de développement », nous a-t-il ajouté. Ce projet va dans le sens de diminuer l’exode des habitants de ces localités, et ce, avec des initiative allant dans l’optique d’encourage l’investissement. « Il faut déterminer les communes qualifiées de zones de montagne, de classer ces zones au titre de la catégorie dont elles relèvent (zone haute montagne, de moyenne montagne, de piémonts et de zones contiguës). Il faut les distinguer en matière de densité », nous a souligné aussi M. Aoudj. Selon lui, l’identification de ces zones doit se faire dans un contexte géographique, économique et social afin de créer une base de données à l’échelle du massif du Djurdjura. Cette base de données permettra de contribuer à l’élaboration du règlement d’aménagement du territoire dudit massif. Toutefois, la mise en place des fonds budgétaires pour la concrétisation de ce projet tarde à voir le jour, estime notre interlocuteur qui ajoute, par ailleurs, que l’étude en question concernera 111 communes. Elle sera aussi axée sur l’analyse des différents indicateurs de périphéricité. « Les hautes montagnes représentent 51,84% du territoire de la wilaya de Tizi Ouzou, les moyennes montagnes 31,42 %, les piémonts 10,50% et les plaines ne représentent que 6% », nous a déclaré le même élu qui est également président de l’observatoire pour le développement économique et social (ODES), une structure créée par l’APW de Tizi Ouzou.

Les joueurs algériens après l’agression des « supporters égyptiens

14/11/2009 14:27 par nabile

  • Les joueurs algériens après l’agression des « supporters égyptiens

    Les joueurs algériens après l’agression des « supporters égyptiens

    14/11/2009 14:27 par nabile

Ce soir, on connaîtra laquelle des deux sélections ira en Coupe du monde 2010 l’été prochain en Afrique du Sud. Le « match » a débuté jeudi soir avec les graves incidents survenus à proximité de l’hôtel où loge notre sélection. Les joueurs algériens étaient sous le choc au moment de prendre leurs quartiers. Rapidement, les responsables de la Fédération et les représentants de l’Etat algérien présents au Caire, Mourad Medelci (ministre des Affaires étrangères), Hachemi Djiar (ministre de la Jeunesse et des Sports) et Abdelkader Hadjar (ambassadeur d’Algérie en Egypte) ont tout fait pour rassurer les joueurs et éviter ainsi qu’ils cèdent à la peur et à la panique, objectifs recherchés par les Egyptiens qui ont caillassé le bus transportant les joueurs. Au même moment, les Pharaons recevaient la visite de leur président, Hosni Moubarak, venu prêcher la bonne parole et les soutenir à quelques heures de l’important rendez-vous de samedi. Sur l’aspect technique de la rencontre, rien n’a filtré des deux côtés. Hassan Shehata et Rabah Saâdane ont décrété le black-out total. Les journalistes ont été tenus éloignés des joueurs et leur présence à l’entraînement interdite, obligeant les confrères à s’échanger des bribes d’informations récoltées ici et là. L’incident de jeudi soir a ouvert une petite brèche dans laquelle se sont engouffrés les confrères pour glaner quelques rares informations. Le sélectionneur algérien est arrivé au Caire avec des certitudes et des satisfactions, à savoir le rétablissement et la récupération des joueurs arrivés blessés du stage en Italie, à savoir Madjid Bougherra, Antar Yahia et Karim Ziani. Ce trio avait donné beaucoup d’inquiétude au staff technique qui n’était pas sûr de disposer de leurs services pour ce match capital. Comme l’avait prévu la fédération, ils se sont rétablis à temps et seront donc de la partie. Ce n’est, malheureusement, pas le cas de Hassan Yebda qui a déclaré forfait. Pourtant, sa blessure semblait la plus bénigne par rapport à celles des autres. Ce contretemps ne semble pas trop perturber les plans de Rabah Saâdane qui disposera du onze de départ qu’il souhaitait. La seule incertitude qui subsiste concerne le choix a opérer pour la composition de l’équipe. Alignera-t-il un seul joueur en attaque ou au contraire maintiendra-t-il le même dispositif que lors des dernières sorties ? C’est cette équation que le patron des Verts devra régler avant le coup d’envoi que donnera le Sud-Africain Jérôme Damon. Qui sera aligné en attaque, Ghezzal, la paire Ghezzal-Saïfi ou Djebour avec l’un des deux joueurs cités ? Pour le reste, l’équipe sera composée des habituels titulaires, Gaouaoui, Bougherra, Halliche et Belhadj (défense), Matmour, Ziani, Mansouri et Lemouchia. Côté égyptien, c’est à peu près les mêmes soucis qui ont agité le sommeil de Hassan Shehata lors des derniers jours. L’absence de sa tour de défense Waal Ghomaa (suspendu) l’a beaucoup contrarié dans la mesure où le défenseur du Ahly est l’âme de cette équipe, surtout en défense. Pour le remplacer, Hassan Shehata a tenu compte, d’abord, des caractéristiques et qualités des attaquants algériens. Il a choisi de faire jouer Saka à la place du joueur suspendu. Saka est un joueur d’expérience qui joue en Turquie et qui a un gabarit à même de contrecarrer les attaquants algériens. Il sera associé en défense à Hani Saïd, Oka et Ahmed Fethi. Les observateurs locaux ont noté l’inquiétude de Hassan Shehata concernant ce secteur névralgique. Il lui a consacré plusieurs séances d’entraînement spécifiques. Les 3 gardiens et les 10 défenseurs retenus pour ce match ont effectué des séances pour harmoniser leur jeu. A l’instar de son homologue algérien, le coach égyptien n’a pas encore tranché la question de l’attaque. Alignera-t-il une pointe (Amr Zaki) ou deux (Amr Zaki-Imad Motaab). Mohamed Zidan devrait rentrer en cours de match. Si Abd Rabo (blessé) n’est pas aligné, Hassan Shehata aura le choix entre Mohamed Shawki et Mohamed Homas. Comme toujours, c’est le capitaine Ahmed Hassan et Mohamed Aboutrika qui animeront le jeu égyptien. Entre l’Egypte habitée par le doute et l’Algérie qui abordera le match pour le gagner, les débats s’annoncent chauds. Les Verts, plus que jamais décidés à aller en Coupe du monde, puiseront dans l’adversité qu’ils rencontrent depuis l’instant où ils ont posé pied en Egypte, pour offrir à l’Algérie le cadeau rêvé.

Commune de Tirmitine (Tizi Ouzou) : Un désert infrastructurel

02/11/2009 19:27 par nabile

  • Commune de Tirmitine (Tizi Ouzou) : Un désert infrastructurel

    Commune de Tirmitine (Tizi Ouzou) : Un désert infrastructurel

    02/11/2009 19:27 par nabile

Tirmitine est une commune située à 10 km au sud du chef-lieu de la wilaya de Tizi Ouzou, dans la daïra de Draâ Ben Khedda. Divisée en deux versants, Ath Aârif et Ath Khelifa, elle renferme une trentaine de groupements d’habitations entre villages et hameaux. Promue au rang de commune en 1984, elle vit une succession de blocages à partir de 1997. Les luttes intestines entre les deux formations politiques qui se disputent farouchement la gestion de l’APC ont conduit à un malaise généralisé au milieu d la population. Le secteur économique et celui de la jeunesse ont payé les frais - non pas d’une mauvaise gestion de la collectivité - mais des tiraillements entre partis qui ne servent les intérêts de quiconque. S’il y a un constat à faire, Tirmitine ne dispose d’aucune infrastructure pour les jeunes. L’on compte un bureau de poste, une brigade de gendarmerie, des établissements scolaires, 4 salles de soins et un centre de santé pour une population qui avoisine les 25 000 habitants. Ce qui est très peu. Lakser, le chef-lieu communal attend toujours son budget pour la réalisation du programme de l’amélioration urbaine dont les fiches techniques ont été finalisées et remises à la wilaya. Sur le chemin qui traverse le chef-lieu, des travaux de raccordement au gaz naturel sont en cours de réalisation. L’état de la route et des venelles laisse à désirer. Pas l’ombre d’un équipement public. La construction d’un lycée est sujette à une longue controverse. Un duel, qui a conduit au saccage du siège de l’APC et l’interpellation de 17 personnes qui risquent des peines allant de 1 à 8 mois de prison ferme. Pour M. Senaoui, président de l’APC, « la construction de ce lycée dans le site qui lui avait été indiqué est maintenue. La plate-forme est prête ». L’APC attend les budgets En descendant vers Averane, un quartier du chef-lieu, un groupe d’élèves d’une école primaire attire notre attention. Visiblement, l’école est en travaux. « Oui, on a mangé, nous avons une cantine cette année… », dit une élève. Sur les 13 écoles que compte la commune de Tirmitine 10 d’entre elles ont été équipées de cantines scolaires. Mais selon M. Aroudj, chargé des cantines auprès de la daïra de Draâ Ben Khedda, « les élèves des 13 écoles primaires sont pris en charge à 100%. En attendant l’achèvement des travaux dans les trois cantines restantes, l’APC assure le transport des élèves qui ne bénéficient pas encore vers les autres cantines ». Au fond de la cour une enseignante profite des rayons du soleil automnal en ce début d’après-midi. Malgré l’isolement de cet établissement, elle a préféré rester. « Cette école accueille 128 élèves venant des villages Tiâchach et Sidi Salah perchés sur les hauteurs de la commune. Ces élèves parcourent chaque matin un sentier sinueux et boisé de 3 km. On aurait aimé que ce sentier soit aménagé en piste pour éviter des accidents et l’emprise des animaux sauvages sur les enfants », s’inquiète-t-elle. Assis sur des bouts de parpaing Hamid et Zohir balaient des yeux la plaine du bas-Sébaou et la ville de Draâ Ben Khedda (DBK) depuis une crête qui domine le chef-lieu de la commune. « Lorsqu’on a envie de nous divertir on se rend à Tizi Ouzou ou à DBK. Nous avons un flagrant manque en infrastructures sportives et culturelles. Dans le meilleur des cas, on descend au stade, un terrain vague non aménagé qui se trouve à Kiria. La maison de jeunes du chef-lieu est transformée en salle de réunion des comités et des élus pour leurs rencontres stériles, parce qu’elles se terminent souvent par des coups de becs », fulmine Hamid. Debout, les bras croisés et les yeux rivés vers son village, Zohir enchaîne : « Nous avons entamé la construction d’une maison de jeunes dans notre village mais depuis quelque temps les travaux on été arrêtés. » A l’APC, on apprend : « Nous disposons de quelques assiettes de terrain sur lesquelles sera érigé un complexe socio-sportif au village Masra. La fiche technique de ce projet est au niveau de la wilaya depuis 2006 », regrette le maire qui poursuit : « A notre niveau, nous avons programmé 3 aires de jeux et une maison de jeunes à Ath Arif. Mais à l’occasion, je lance un appel aux jeunes pour constituer des associations afin d’assurer l’animation, sinon, les structures seront vandalisées comme ce qui s’est passé à la maison de jeunes du chef-lieu que nous avons réhabilitée. » Le sous-développement frappe les jeunes de cette localité de plein fouet. Rencontré dans son local Smaïne, un tôlier, fulmine « il n’y a pas que les infrastructures sportives et culturelles qui manquent. On ne nous a même pas construit de locaux pour exercer un métier. La plupart d’entre les jeunes issus des centres de formation partent sur Tizi Ouzou ou DBK pour travailler chez des particuliers ». Pour le maire de Tirmitine, la cause du retard trouve ses raisons dans l’instabilité de l’APC qui a duré une dizaine d’années et à la crise sociopolitique qu’a vécue la Kabylie début 2001. Il ajoute à ces ingrédients le relief de la municipalité, l’indisponibilité des d’assiettes, le manque de ressources financières et le laxisme de l’administration de la wilaya. « Depuis 1997, nous avons concentré nos efforts sur la résolution des problèmes comme l’AEP, l’assainissement, la réhabilitation des écoles, l’alimentation en énergie électrique, le ramassage des ordures… et l’habitat rural ». Cependant, il reste beaucoup à faire même dans les priorités citées par l’élu. La commune est toujours demandeuse de quotas supplémentaires en matière d’aide à l’habitat rural. Concernant les programmes de logements, l’APC n’a bénéficié que de 140 logements dont 40 par la formule LSP qui viennent d’être entamés. Outre le logement, le responsable revient sur le foncier pour informer qu’il existe, dans sa circonscription plus de 700 ha de terres dont la nature juridique n’a pas encore été tranchée par la wilaya, en constatant que leur restitution à la mairie soulagera la population. Par ailleurs, le maire dit être dans l’attente du lancement du programme de l’amélioration urbaine qui est inscrit au titre des PSD. « Là aussi, les fiches techniques sont approuvées par la commission de daïra depuis 2007 », conclut M. Senaoui.

La justice n’arrive pas à s’autosaisir : Les scandales restent impunis en Algérie

01/11/2009 10:17 par nabile

  • La justice n’arrive pas à s’autosaisir : Les scandales restent impunis en Algérie

    La justice n’arrive pas à s’autosaisir : Les scandales restent impunis en Algérie

    01/11/2009 10:17 par nabile

Le ministère public qui représente la société et applique la loi est obligé d’agir immédiatement l Il doit ouvrir une enquête dans le contenu de la dénonciation, conformément aux articles 33 et 36 du code de procédure pénale. Le 20 août 2009, à l’occasion de la commémoration de la Journée du chahid à Béjaïa, Abdelaziz Belkhadem, représentant personnel du président de la République, avait lu une lettre où ce dernier s’est engagé une énième fois à faire la guerre à ceux qui dilapident les deniers publics. Ce discours tombait pile au moment de la publication d’articles de presse révélant des scandales de corruption et impliquant de hautes personnalités, de surcroît amis de Bouteflika. On savait déjà Saïd Barkat et Ammar Saïdani impliqués jusqu’au cou. Mais c’est la position de Bouteflika qui intrigue et choque en ce qu’elle constitue un point d’orgue résonnant à la symphonie bruyante de l’impunité à l’algérienne. Les faits révélés par notre confrère El Khabar Al ousboui dans ses numéros 547 et 548 des deux dernières semaines du mois d’août, sont venus meubler une actualité estivale déjà riche en matière de révélations trahissant des signes de luttes au sommet du pouvoir entre factions adverses. S’agit-il d’un nouvel épisode dans le jeu d’équilibre entre clans ? Notre souci n’est pas d’apporter des éléments de réponse à cette question, mais il s’agit de tenter un éclairage sur l’impunité comme mode de gouvernance adopté depuis la théâtrale affaire Khalifa. Les déballages ont pris pour cibles de gros poissons. Des personnalités de haut rang, assumant des charges au sein de l’Etat et surtout ayant des liens étroits avec Bouteflika. Saïdani est en effet l’ex-président de l’APN (3e homme de l’Etat), membre de la commission exécutive du FLN, et ex-président des bruyants comités de soutien de Bouteflika. Quant à Barkat, ce disciple d’Hippocrate est devenu un intouchable du gouvernement, resté près d’une décade à l’abri de tous les remaniements, nonobstant sa gestion désastreuse du secteur de l’Agriculture dont il était le premier responsable. Dans les faits, les deux affaires sont en plus liées. Selon le premier article de l’hebdomadaire arabophone, le DRS (Département de renseignement et de sécurité) relevant de l’ANP et conduit par l’inamovible Mohamed Mediene (dit Toufik), a eu des renseignements sur le détournement de quelque 450 millions de centimes qu’aurait effectué Amar Saïdani à travers la société El Karama qu’il possède en usant d’un prête-nom. Après enquête, les résultats ont révélé que le trou creusé dans les deniers publics était beaucoup plus important et s’élève à environ 30 milliards de dinars (3000 milliards de centimes), soit l’équivalent de 300 millions d’euros. Pour incompétence et détournement : une promotion ! Des signes ostentatoires de richesse sont vite apparus chez lui : acquisition d’une villa somptueuse à Hydra, des biens immobiliers à l’étranger, notamment 4 villas et appartements en Espagne, des biens à Londres et un appartement de haut standing dans un quartier huppé à Paris d’une valeur de 6 millions de dollars. L’ex-militant de la kasma de Oued Souf n’est pas du genre discret. Il est vrai que le deuxième mandat du Président a encouragé les certitudes du premier cercle de sa clientèle et même au-delà. Le rapport du DRS sera, comme il se doit, transmis à Bouteflika. Ce qui peut être perçu aussi comme une façon de jeter la balle dans son camp et l’acculer devant l’opinion publique. Les effets sont immédiats : devant le risque d’un hyper scandale aux conséquences fâcheuses sur le rapport de force entre Bouteflika et ses associés au pouvoir, Saïdani est sacrifié. Il sera donc écarté de la tête du Parlement et empêché de briguer un autre mandat en 2007. Saïdani pouvait-il détourner ces sommes colossales tout seul et sans complicités à un haut niveau ? Des personnes ayant un lien direct avec le programme de soutien agricole sont citées dans les rapports qui ont trait entre autres à la GCA (Générale des concessions agricoles) et dont El Watan s’est fait l’écho en 2007. Le lien avec Saïd Barkat et son ministère de l’Agriculture se trouve à ce niveau. Saïdani avait en effet un lien avec un certain Chelghoum, devenu, grâce à lui, directeur général de l’OAIC et ensuite secrétaire général du ministère de l’Agriculture, ainsi que le directeur du Fonds de soutien agricole, Fayçal Noureddine, qui croupit actuellement dans la prison de Laghouat. Durant le règne de Barkat, le ministère de l’Agriculture a été éclaboussé par plusieurs scandales, et pas des moindres, à commencer par celui du matériel acheté en Espagne chez une société appartenant à José Maria Aznar, ex-Premier ministre ibérique. Malgré son rang modeste sur le marché, cette société a bénéficié d’une commande de 150 millions de dollars et sans soumission comme l’exige le code des marchés publics. Pis, le matériel livré se révélera de mauvaise qualité. Barkat est cité aussi dans l’affaire de location d’avions de lutte contre les criquets. Le ministère a loué en 2006 une trentaine d’avions à raison de 36 000 euros/jour. Plusieurs de ces appareils se révéleront défectueux et resteront cloués sur le tarmac. Pourtant, ils n’ont pas été renvoyés au prestataire et trois parmi eux seront même gardés en réserve trois mois durant. Des rapports liés à ces affaires sont entre les mains de Bouteflika qui n’ignorait rien des agissements de son ministre, mais au lieu d’être renvoyé, Barkat a fini par être promu ministre de la Santé ! Un petit pas pour l’homme, un désastre pour les Algériens. C’est vrai que lui, du moins, s’attendait à plus, quelque chose comme le fauteuil de Premier ministre par exemple. Chez l’opinion publique, le scandale ne passe pas inaperçu et l’effet est profond. Le rang des personnes impliquées et la gravité des accusations amplifient le scandale. Mais quel scandale ? Est-ce le fait qu’ils ont été pris la main dans le sac ou bien celui d’avoir été lavés de leurs crimes ? Le serment trahi Le silence a été la seule réponse du pouvoir. Gêne ou mépris ? On ne sait pas. La tempête est passée sans susciter la moindre réaction ni de la part des impliqués, ni du gouvernement ni celle du FLN, parti où les deux hommes assument de hautes responsabilités. « Qui ne dit mot consent », affirme le sens commun. La logique du palais fonctionne autrement, les voix de la politique algérienne sont impénétrables ! Par-dessus tout, c’est la position de Bouteflika qui déçoit le plus : le président s’est contenté en effet d’une sanction politique à l’égard de Saïdani, ce qui ne veut rien dire pour la loi, d’autant plus que la sanction ne correspond pas aux crimes. Il a, en outre, maintenu envers et contre tous Barkat au sein de l’Exécutif, trahissant ses propres engagements. Dans son intervention en Conseil des ministres, tenu le 13 avril 2005, le Président a souligné l’importance de ce texte (avant-projet de loi anti-corruption) pour la consolidation de « la bonne gouvernance et à la réhabilitation de l’Etat de droit », dira-t-il. Il a aussi lancé un avertissement à l’encontre de « ceux qui, tirant profit de la situation de laxisme qui a caractérisé la gestion de certains secteurs d’activités économiques et sociales, nourrissent le sentiment que la corruption est le fait de puissants intouchables dans le seul but de préparer le lit à la généralisation et à la banalisation de ce phénomène et couvrir ainsi leur inertie ou, pis encore, leurs déviances ». Entre la parole et l’acte, la contradiction est sidérante. La position de Bouteflika et sa manière d’agir sont contraires aux lois de la République et à la Constitution. Faut-il rappeler le serment qu’il a prononcé lors de son investiture devant le peuple et en présence de toutes les hautes instances de la Nation conformément à l’article 76 de la Constitution. Dans ce serment, il s’est engagé à défendre la Constitution et respecter les institutions de la République et ses lois. En tant que premier chef de l’Exécutif, il se devait de remettre les rapports du DRS entre les mains de la justice conformément à l’article 32 du code de procédure pénale : « Toute autorité, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit, est tenu d’en donner avis sans délai au ministère public et de lui transmettre tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs ». Voilà deux ans qu’il ne cesse de recevoir des rapports accablant ces personnages, et il persiste dans la sanction politique quand il ne fait pas dans la protection. Déclin de la loi Fin 2006, Bouguerra Soltani (à l’époque ministre du gouvernement Belkhadem) avait fait parler de lui en affirmant avoir une liste de personnalités impliquées dans des affaires de corruption et qu’il détenait des dossiers touchant des personnalités bénéficiant de l’immunité. Cela lui a valu les foudres de Bouteflika et une mise en quarantaine qui a failli l’emporter. Mais l’affaire a été ensuite noyée et renvoyée aux oubliettes, comme si le pouvoir ne voulait pas s’encombrer de nouveaux procès gênants. Quelle doit être l’issue dans une telle situation ? Du point de vue institutionnel, c’est le principe de séparation des pouvoirs, consacrée par la Constitution qui vole au secours de la République. A ce sujet, l’article 38 stipule : « Le pouvoir judiciaire est indépendant et s’exerce dans le cadre de la loi ». La publication par la presse de tels scandales est qualifiée juridiquement de dénonciation d’infraction. Le ministère public qui représente la société et applique la loi (sa raison d’être conformément à l’article 29 du code de procédure pénale) est obligé d’agir immédiatement et ouvrir une enquête dans le contenu de la dénonciation, conformément aux articles 33 et 36 du code de procédure pénale. Dans les affaires citées en exemple, ce sont les procureurs généraux territorialement compétents, soit : celui de la cour d’Alger, de Laghouat, Djelfa et Ouargla, là où une partie des faits a eu lieu, qui, les premiers, auraient dû intervenir. L’inaction de la justice devant des cas pareils de destruction des ressources de la Nation ne peut être apparentée qu’au déclin de la loi, ultime phase de décadence dans la conception juridique de l’Etat. Serait-on arrivé là si le garde-fou qu’est la déclaration du patrimoine était appliqué ? Serait-on arrivé là si on avait respecté les mécanismes de prévention et de lutte contre la corruption et laissé agir librement la Cour des comptes ? Pour des faits similaires, Achour Abderrahmane a été condamné à 18 ans de prison. Pourquoi lui et pas Saïdani qui, rappelons-le, n’a plus l’immunité parlementaire ? N’est-ce pas que « les citoyens sont égaux devant la loi, sans que puisse prévaloir aucune ? », tel que stipulé dans l’article 29 de la Constitution. N’est-ce pas que le premier magistrat du pays a insisté sur la nécessité, voire l’urgence de combattre ce fléau « de manière non sélective, quels qu’en soient ses auteurs » et que « la rigueur de la loi devra être égale pour tous ? » La vérité est qu’on a offert l’impunité à Saïdani. Pour lui, pour Barkat et des centaines, voire des milliers d’autres qui comme eux servent le système que Bouteflika a peur de fissurer irrémédiablement en cas de poursuites contre ses protégés. A la différence de la loi sur la réconciliation, pourtant critiquée comme consacrant l’impunité, ces affaires sont plus graves du fait que la position du premier magistrat du pays entrave la loi. La loi est l’essence de l’Etat, alors que l’impunité n’est pas en harmonie avec l’intérêt général, et sert les intérêts personnels et ceux de groupes. L’impunité est l’absence politique et juridique de l’Etat en tant qu’esprit. Ce nouveau fléau politique tétanise en plus la classe politique et les personnalités nationales demeurées aphones. Complicité ou fatalisme ? Qu’importe, si le résultat est le même et conduit à démoraliser tout un peuple aujourd’hui convaincu qu’aucun avenir n’est possible pour lui sur sa propre terre.

Le gouvernement décidé à lancer l'industrie automobile en Algérie

01/11/2009 09:12 par nabile

  • Le gouvernement décidé à lancer l'industrie automobile en Algérie

    Le gouvernement décidé à lancer l'industrie automobile en Algérie

    01/11/2009 09:12 par nabile

Le ministre de l’Industrie et de la Promotion des investissements, M. Hamid Temmar, a souligné dimanche à Alger la “ferme décision” du gouvernement d’instaurer une industrie automobile en Algérie. “Le gouvernement a pris la ferme décision de mettre en place une industrie de l’automobile. Cela concernera l’automobile de grande consommation (véhicule touristique) ainsi que les grands véhicules industriels et intermédiaires”, a déclaré à la presse M. Temmar en marge de son inauguration du Salon “Alger Industrie-2009” qui se tient du 18 au 21 octobre au Palais des expositions (Pins maritimes). “Nous (gouvernement) avons effectivement l’intention ferme d’avoir une industrie de l’automobile en Algérie. C’est une décision politique émise par le gouvernement et non pas par un ministre”, a-t-il ajouté. Il a précisé, dans ce contexte, ‘‘que même si le gouvernement venait à accepter qu’un montage des véhicules se fasse en Algérie, cela ne sera qu’une première étape avant d’aller vers la fabrication”. “Il est possible qu’il y ait du montage automobile en Algérie mais cela ne se limitera pas à cette activité’‘, a-t-il soutenu. “Nous voulons des véhicules fabriqués au moins à hauteur de 30%, 40% ou 50% par un savoir-faire algérien qui émane d’entreprises de sous-traitance publiques ou privées”, a indiqué le ministre. Sur l’année 2008, rappelle-t-on, la facture des importations des véhicules a atteint près de 3,5 milliards de dollars.A une question de la presse sur la décision de l’Etat d’aider financièrement certaines entreprises publiques pour se redresser, M. Temmar a précisé que “c’est une décision étudiée et analysée qui vise à relancer la production nationale”. “Nous avons essayé d’ouvrir (notre économie) au maximum pour attirer les investissements, mais les investisseurs ne sont, malheureusement, pas venus dans les secteurs souhaités. Par conséquent, la stratégie actuelle de l’Etat et du gouvernement (repose sur) la relance de la production nationale”. Par ailleurs, il a déploré que les entreprises privées algériennes n’aient pas investi ‘‘dans des secteurs industriels importants pour la croissance économique, l’intégration régionale et la compétitivité de l’Algérie sur le plan international’‘. A cet effet, a-t-il poursuivi, le gouvernement a décidé de lancer des opérations visant à relever les secteurs industriels, créer de l’emploi et à faire démarrer la machine industrielle nationale. Il a également signalé que ‘‘le gouvernement a également décidé de revoir le secteur public et d’en identifier les industries les plus importantes telles que la mécanique, l‘électronique, l‘électromécanique, la pétrochimie et, peut-être à l’avenir, le transport aérien, dans le but de les aider à se développer.

Naciria (Boumerdès) : Une commune marginalisée

28/10/2009 18:52 par nabile

  • Naciria (Boumerdès) : Une commune marginalisée

    Naciria (Boumerdès) : Une commune marginalisée

    28/10/2009 18:52 par nabile

Naciria, ou Laâziv, est une commune sise à une quarantaine de kilomètres à l’est de Boumerdès. Oubliée pendant des années, cette municipalité qui recèle d’importantes et diverses potentialités peine encore à relever le défi et rattraper le retard cumulé depuis plus de vingt ans. La localité, érigée en chef-lieu de daïra en 1997, était de tout temps le bastion de toutes les luttes, mais sa population se sent aujourd’hui marginalisée. « Notre commune jouit d’une position géographique stratégique, mais son développement reste otage des considérations occultes », soutient Hakim, un enseignant au lycée qui espère un changement à la faveur d’un nouveau découpage administratif. La localité accuse d’énormes retards et l’équipe aux commandes de l’APC a fort à faire pour remettre la localité sur la voie du développement. Les projets réalisés ces deux dernières années sont loin de satisfaire les attentes de plus en plus accrues des 22 000 habitants. Aujourd’hui, le chef-lieu offre un décor des plus désolants. Le rond-point est bunkerisé et le sinistre décor provoqué par l’attentat kamikaze de janvier 2008 est resté inchangé. Le chômage est devenu un véritable fléau, touchant les jeunes. La zone d’activité dont il était attendu une réelle contribution à l’absorption du chômage est toujours à l’abandon. Les habitants de cette localité se plaignent aussi du déficit en matière d’infrastructures sanitaires. Selon eux, la polyclinique du chef-lieu est exiguë et les moyens humains et matériels qui y sont affectés ne répondent nullement à leurs besoins. Cet établissement n’est doté ni d’ambulance, ni d’appareils de radiologie, a-t-on constaté sur place. Autant de manques qui sont aggravés par la fermeture du centre de soins du village Iouariachen à cause de l’absence de médecin. Un problème qui se pose également au niveau des salles de soins de Taâzibt et aux villages agricoles 1 et 2. Sur un autre volet, les habitants notent que leur localité n’est pas bien lotie en infrastructures éducatives. Ils notent que le seul lycée dont dispose leur commune n’arrive plus à contenir le nombre grandissant d’élèves. Malgré cela, les responsables tardent à relancer le projet du nouveau lycée inscrit depuis plus de trois ans, mais dont le taux de réalisation ne dépasse pas 5%. De même pour ce qui est du CEM affecté au village Boumeraou, dont les travaux avancent à un rythme très lent. Bref, la liste des insuffisances est trop longue. Pour le moment, la collectivité s’est engagée dans une course contre la montre pour rattraper le train du développement. Le P/APC estime que « la tâche paraît difficile mais pas impossible, et nécessite au préalable la stabilité de son assemblée sur le plan politique. Notre APC a d’énormes problèmes à résoudre et un immense programme à réaliser pour honorer nos engagements envers notre population », nous dira le P/APC, M. Belkacem Benameur. Et d’ajouter : « Notre APC a consommé en deux ans ce qu’on n’avait pas consommé en dix ans auparavant. Nous avons aménagé trois cités d’habitation – la cité nouvelle, les HLM et le VSA Boumraou - avec un budget de près de 30 milliards de centimes. Et nous attendons qu’on nous octroie d’autres enveloppes pour aménager les routes et les ruelles du centre-ville qui se trouvent dans un état déplorable. »

La douane submergée par les scandales de corruption

28/10/2009 18:28 par nabile

  • La douane submergée par les scandales de corruption

    La douane submergée par les scandales de corruption

    28/10/2009 18:28 par nabile

Des scandales à répétition écornent la réputation de cette omnipotente administration fiscale censée protéger l’économie nationale, contrôler les flux commerciaux et renflouer les caisses du Trésor. Image surfaite, produit d’une exagération collective ? Peut-être. L’opinion, elle, sait parfois se montrer intraitable dans ses jugements. Les Douanes ? Un des milieux les plus corrompus que je connaisse. Je ne parle pas du simple douanier qui fait passer quelqu’un pour un savon ou un paquet de cigarettes, je parle des chefs qui brassent des milliards avec la bienveillance de l’Etat. Je parle des containers qui disparaissent des ports sans laisser de trace. » Ce tag au vitriol - il en existe des milliers d’autres - laissé par un internaute sur un forum de discussion algérien résume toute la charge négative que peut véhiculer l’administration des Douanes. Les douaniers, s’amuse-t-il, « n’aiment pas partir à la retraite ! ». Une carrière dans les Douanes, même brève, fait rêver de nombreux jeunes algériens tentés par l’ascenseur social. L’enrichissement rapide de certains agents douaniers fait tache d’huile et a parfois valeur d’exemple. Après 5 ans passés en prison, Smail, ancien inspecteur des Douanes, la cinquantaine, sort persuadé désormais de « mériter » de jouir des biens mal acquis durant sa courte carrière. Le douanier tirera plusieurs fois le « gros lot » grâce à son poste au niveau d’un port du centre du pays. Un poste « juteux », une « machine à cash ». Pour chaque container dédouané sans subir les vérifications d’usage, le douanier touche une mirobolante commission. « Mais avant de me faire prendre, j’ai eu largement le temps de mettre ma famille à l’abri du besoin pour les cinquante prochaines années ! », dit-il sans le moindre état d’âme. L’enrichissement fulgurant d’agents et de cadres, symptomatique du mal qui ronge l’institution douanière, fait scandale. « Il est indécent, honteux que des agents qui entament à peine une carrière puissent mener, sans rendre de comptes, un fastueux train de vie, rouler carrosse et s’acheter des résidences haut standing », réagit un ancien haut responsable des douanes. La corruption étalée impunément au grand jour est-elle pour autant l’avatar exclusif de cette institution ? L’omerta, une règle d’or « La corruption est là, elle existe, mais pas avec les proportions qu’on lui prête. Il serait en effet erroné de se focaliser uniquement sur les Douanes et oublier des nids de corruption encore plus importants », avertit le haut responsable. « A des degrés variables, toutes les douanes du monde sont touchées par la corruption. Je ne dis pas que chez nous la corruption est moins importante, moins grave, je dis que les grosses commissions sont à chercher plutôt dans des secteurs comme l’énergie, les mines, les gros marchés de travaux publics, etc. » Les Douanes ont beau être aux avant-postes d’une économie mono-exportatrice, importatrice de presque tout (les importations ont dépassé les 40 milliards de dollars en 2008), elles demeurent néanmoins à la « périphérie » de la grande corruption. « Seulement 13% des importations passent réellement sous le nez des Douanes, indique-t-il. Les 87% qui restent et qui représentent essentiellement les biens d’équipements leur échappent complètement et font l’objet de tractations à un autre niveau. » Secret de polichinelle, la corruption ne fait pas moins grincer des dents. Il est presque tabou d’en parler. L’omerta, la loi du silence, est dans le « milieu » une règle d’or. Une règle de survie. Le sort réservé aux rares « gorges profondes » des diwana aura valeur d’exemple. Abdelkader Souhabi a vu son monde s’écrouler depuis qu’il a osé faire éclater, au début des années 1990, l’esclandre D-15. L’affaire dite des D-15, qui fait référence aux fumeuses autorisations douanières permettant aux importateurs de faire transiter par l’Algérie les marchandises destinées aux pays africains ou maghrébins, n’est à ce jour pas tirée au clair. Les containers bourrés de marchandises diverses, véhicules, armes, alimentaient en réalité les circuits de la contrebande en Algérie, avec la bienveillante complicité de douaniers. Les révélations sulfureuses de l’ancien inspecteur des douanes de Blida le conduiront droit dans le box des accusés pour faux et usage de faux, puis à l’exil. « Je vis depuis comme un ermite », nous avoue-t-il. Suspendu de ses fonctions pendant de longues années, il n’a été réhabilité que récemment. Ce qui est scandaleux, fait remarquer Salima Tlemçani, c’est de constater qu’aucune des grandes affaires impliquant les Douanes ne sont suivies d’effets réels. « Dès qu’un scandale éclate, comme ceux, nombreux, qu’on a eu ces vingt dernières années, aussitôt se met en place une sorte de solidarité institutionnelle. Souvent, c’est la justice qui se charge d’étouffer ces scabreuses affaires. Les dénonciateurs se retrouvent dans le box des accusés alors que les auteurs du crime sont maintenus à leurs postes, parfois promus par leur hiérarchie, et ce quand bien même ils pouvaient être sous le coup de condamnations comme c’est effectivement le cas pour certains », observe la journaliste d’El Watan, auteur de nombreuses enquêtes ayant mis à nu certaines pratiques frauduleuses impliquant l’institution des Douanes. Le bras long de la maffia La peur, la crainte des représailles, le bras long de la « mafia politico-financière » étouffent toute velléité de porter sur la place publique des faits liés à la corruption. Suspicieux, nos différents interlocuteurs, des intervenants dans la sphère interlope du commerce extérieur, ravalent leur langue, pèsent chacun des mots qu’ils prononcent. « Mais c’est une maison de verre, les douanes ! Une institution de l’Etat qui ne peut admettre des corrompus dans ses rangs », répond, sarcastique, un commissionnaire en douane. La simple évocation du mot « corruption » fait dresser les cheveux de certains. « Mais qu’avez-vous, vous la presse, à seriner à longueur de journée ces histoires de corruption ? Dites à ceux qui vous ont envoyé que nous n’avons pas de corruption chez nous ! », s’offusque le président de l’Union nationale des transitaires et commissionnaires en douanes, Lefgoum Bachir. Dans un audit réalisé à Alger du 19 au 29 mars 2007 par deux de ses experts, l’Organisation mondiale des douanes (OMD) épingle les Douanes algériennes. Le rapport, commandé par le directeur général des Douanes, met le doigt sur un certain nombre de pratiques en vogue, dont la corruption. L’OMD use de qualificatifs soft et épurés pour désigner la corruption : « Des mesures d’accompagnement (pots-de-vin, ndlr) sont versées tout au long du circuit de la déclaration en douane », observent les experts de l’OMD. (lire encadré). « L’administration des douanes - volontairement sous-administrée, sous encadrée et sous-équipée - est au cœur des pratiques de la corruption, une de ses ”sphères” privilégiées », souligne le représentant de la section algérienne de Transparency International, Djilali Hadjadj. Le président de l’Association algérienne de lutte contre la corruption identifie plusieurs formes élémentaires de corruption au sein des Douanes qui, dit-il, « s’inscrivent dans un continuum reliant idéalement deux pôles opposés, celui de la transaction et celui de l’extorsion et de l’accaparement privatif ». Hadjadj parle de « dyades corruptogènes ». « Les enquêtes de terrain menées par notre association montrent qu’au-delà des transactions occasionnelles, les partenaires - réseaux de corruption-douanes - cherchent fréquemment à pérenniser les transactions corruptrices, autrement dit à les transformer en relations sociales stabilisées de type ”clientéliste”. C’est le cas des ’’couples” formés par les commerçants-importateurs et les douaniers : la longue fréquentation, le partage des mêmes lieux de travail et la maîtrise des mêmes systèmes normatifs créent des espaces de collusion et favorisent le développement de véritables dyades corruptogènes où les relations monétaires sont noyées dans les relations de proximité (échange de faveurs, invitations réciproques…) », explique-t-il. Les « réseaux de corruption » ne se contentent pas de recruter parmi les cadres et agents douaniers, ils ratissent large. Le transitaire, de par sa connaissance parfaite des « hommes-clés » au niveau des services douaniers, est une des pièces maîtresses du système. « C’est lui qui négocie, parfois règle, pour le compte du client, les marges à verser », affirme un transitaire. « Dans la sphère du commerce extérieur, la corruption est la règle et non l’exception. Elle est quasi institutionnalisée. Organisée en réseau, elle met à contribution douaniers, membres des services de sécurité et même de simples employés des ports et aéroports. Tout ce beau monde se sucre au passage, y compris parfois le gardien posté à la sortie du port ou le manutentionnaire à qui il faut ”graisser la patte” pour hâter le chargement d’un container », ajoute-t-il. « Cela ne fait pas de nous des corrupteurs en puissance, au contraire, nous sommes les dindons de la farce, les maillons faibles du système. » L’industrie du « faux » En plus du gel des nouveaux agréments par l’administration douanière depuis 2006, plus de 600 transitaires auraient été suspendus ces dernières années. Une corruption systémique et généralisée, doublée d’une utilisation en quantité industrielle du « faux ». En août dernier, lors d’une journée d’étude tenue à Alger, les transitaires et commissionnaires en douane ont tiré la sonnette d’alarme. Faux registres d’importation, fausses déclarations, fausses domiciliations bancaires, fausses procurations, location de registres... les transitaires se disent assaillis par les faux documents. L’introduction, en janvier 2008, du « mandat », le « lien juridique » entre le transitaire et l’opérateur économique (importateur ou exportateur) et l’institution en 2006 de la déclaration des éléments de la valeur (DEV) n’ont pas apporté plus de clarté à la relation déjà fort ambiguë qu’entretiennent le trio commerçants-importateurs, transitaires et douaniers. Tout comme les « opérations mains propres » menées tambour battant par les directions successives des Douanes, qui ont fait chou blanc. Abdelmadjid Mehrèche, inspecteur général des Douanes, révélait à la presse, fin mai dernier, que plus de 200 douaniers, agents et cadres, impliqués dans des affaires de corruption, avaient été arrêtés, mutés ou rétrogradés dans le cadre d’une campagne de lutte contre la corruption. Deux jours après cette annonce, les douaniers espagnols donnent l’alerte : le scandale des transferts illicites de devises à l’étranger éclate et éclabousse au passage l’institution douanière, qui se révèle complètement dépassée par l’ampleur des détournements financiers. Entre 2007 et 2009, 900 millions d’euros ont été transférés frauduleusement par des hommes d’affaires sulfureux, industriels, importateurs, commerçants ou simples passeurs de devises. Des cabas bourrés de centaines, voire de millions d’euros, parviennent à déjouer avec une déconcertante facilité les contrôles douaniers de cinq ports et aéroports du pays. Mais ce n’est là, sans doute, que la partie émergée de l’iceberg. Combien d’autres centaines de millions (ou milliards) d’euros ont emprunté les même circuits ? L’enquête ouverte par l’administration des Douanes n’a toujours pas rendu ses conclusions.

Ouyahia, Zerhouni, Belkheir et les autres….

28/10/2009 17:58 par nabile

  • Ouyahia, Zerhouni, Belkheir et les autres….

    Ouyahia, Zerhouni, Belkheir et les autres….

    28/10/2009 17:58 par nabile

Il existe, chez certaines personnes, une curieuse disposition de l’esprit. Le sentiment et la conviction profonde qu’elles ne font rien de mal, même si leurs actes, ou leur passivité, engendrent des souffrances infinies à un grand nombre de gens. Ils ne veulent rien entendre sur leurs propres turpitudes, et lorsque celles-ci leur sont rappelées, ils se convainquent que ce ne sont là que paroles de gens envieux, ou du moins d’une multitude imbécile, qui ne peut pas s’élever à leur niveau, qui ne peut pas comprendre, que le journaleux qui a osé les vilipender est un agent à la solde d’un clan adverse. Et s’ils persévèrent avec tant d’aveuglement dans leurs vilenies, c’est parce qu’il y a un total décalage entre leurs actes et ce qu’ils pensent eux-mêmes d’eux-mêmes . Si tant est qu’ils y pensent. Une sorte d’attitude schizophrénique. Il faut dire aussi que leur entourage, flagorneur et opportuniste à l’excès, contribue, pour une large part, à les entretenir dans l’idée qu’ils sont des génies incompris, qu’ils sont de grands hommes, qu’ils ne font rien de mal, qu’ils sont enviés, jalousés. Curieusement, et contrairement à ce qu’ils croient et à ce qu’on leur fait croire, ils sont tous d’une intelligence très médiocre, en même temps qu’ils sont tous très imbus d’eux-mêmes, à un point où ils dégoulinent de suffisance. Il n’y a qu’à observer la mine renfrognée, le regard hautain et le rictus amer de Zerhouni, pour mesurer toute leur prétention et toute leur vanité. Ainsi, ces dirigeants qui se sont imposés à nous, qui se sont partagé notre pays et le droit sur nos vies, comme autant de territoires de chasse, et qui sans aucune légitimité, ni aucun mérite, baignent néanmoins dans un état d’esprit, une sorte de monde parallèle, où ils s’imaginent qu’ils trônent en hommes d’exception sur des peuplades qui ne les méritent pas. Jamais, à aucun moment, ils ne sont habités par le doute sur eux-mêmes, sur leurs capacités, sur leur utilité. . Prenons l’exemple d’Ahmed Ouyahia. Voilà un homme à l’intelligence très moyenne, vraiment très moyenne, sorti du rang, et que des circonstances particulières ont mis sur le chemin de gens qui dirigent le pays. Il a été récupéré par la sécurité militaire pendant qu’il faisait ses études à l’ENA. Il effectua son service militaire, en mode civil, à la présidence de la république, où il se forgea définitivement, auprès de ses nouveaux employeurs, la réputation de l’agent totalement dévoué à ses chefs, dénué de tout scrupule, capable d’exécuter n’importe quelle mission, aussi amorale soit-elle, avec un excès de zèle rare. Ces dispositions allaient lui permettre de gravir, de façon fulgurante, tous les échelons de la hiérarchie et de gagner l’estime de ses chefs. Il fut bombardé chef du gouvernement, et on le mit à la tête d’un nouveau parti, le RND, sorti du chapeau, du jour au lendemain. Le RND. Ce parti qui supplanta le FLN, et qui rafla la majorité parlementaire et municipale, à la faveur de la plus grande fraude électorale que connut le pays depuis son indépendance. Cette méga arnaque électorale de 1997, décidée par les généraux janviéristes, et dont l’exécution sera confiée à Ouyahia, mettra à contribution tous les walis, tous les chefs de Daïra et tous les corps sécuritaires. Ce sera le baptême du feu de Ouyahia. Il montra tout son talent en organsinant et en réussissant une fraude qui consacra dès lors la totale main mise de la junte sur la totalité du pouvoir. Il n’allait pas s’arrêter en si bon chemin. Il usa de ses fonctions de chef du gouvernement et de chef du plus grand parti du pays pour donner des gages de fidélité à ses chefs. Il leur ouvrit encore plus grandes qu’elles n’étaient, les portes de l’enrichissement frauduleux, réservé à un groupe de grands initiés. Il consolida sa carrière, ses états de service et sa réputation en brisant des milliers de carrières et de vies, en enfonçant davantage les algériens dans la misère et le malheur. Pourtant tous ceux qui connaissent Ouyahia et qui l’ont approché de suffisamment près pour pouvoir se faire une idée sur son profil psychologique, parlent de lui comme d’une personne affable, attentive, soucieuse de plaire. Dans l’impression qu’il donne sur sa propre personne, il semble être de bonne foi. Il n’a jamais donné l’idée d’être un tant soit peu troublé par sa mauvaise conscience pour tout ce qu’il a entrepris de vil et de haïssable. Toutes les actions qu’il a menées, toutes aussi condamnables les unes que les autres, ne sont pour lui, qui a une si haute idée de lui-même, que des passages obligés, de la haute politique, des manœuvres subtiles, pour un grand dessein : Son propre destin national. Car Ouyahia croit sincèrement et profondément que tout ce qui contribuera à faire de lui le chef de l’Etat algérien, ne peut être que noble et grand. Il ignore ou feint d’ignorer qu’il n’est qu’un outil entre les mains des vrais maîtres du pays, que ceux-ci ne l’ont agrée que parce qu’ils estiment qu’il leur est profitable, qu’ils ne le soutiennent que parce qu’ils sont convaincus qu’il ne représentera jamais le moindre risque pour leur main mise sur le pays, qu’ils le tiennent pour un personnage de moindre importance. Pourtant, Ouyahia, dont la culture générale est incroyablement en dessous de la moyenne, qui est plus rusé qu’intelligent, et plus suffisant que sûr de lui même, mais dont la conscience est totalement atrophiée, est, pour lui-même comme pour les gens qui constituent son entourage, un homme tout ce qu’il y a de normal. Sauf que ces hommes normaux là sont à l’identique des fauves dans une jungle. Les sentiments qu’ils peuvent éprouver, et la perception des phénomènes qu’ils vivent sont construits autour de la nécessité de survie, dans un monde où les êtres humains, vraiment normaux, n’ont pas leur place. Dans cette jungle là, de grands fauves et de charognards, la prédation, la survie et la reproduction sont les seules choses vraies. La conscience, les principes et les valeurs n’y ont cours qu’en termes de discours vides de sens. Ces prédateurs ne savent pas ce qu’est aimer, avoir des élans du cœur, et encore moins compatir. Ces gens là ne calculent pas le mal qu’ils font aux autres. Ils tracent leur route dans la chair vive de la nation. Tout naturellement et en toute bonne conscience. Comme une chose qui va de soi. Comme un loup tranche la gorge de sa proie. Sans plus d’état d’âme.